Quand aura lieu la prochaine élection au Québec?

La loi fixe la prochaine élection générale au lundi 7 octobre 2030. Mais avec 60 sièges sur 127, le gouvernement du Parti québécois est minoritaire, et un scrutin peut survenir bien avant.

127QC · · Lecture : 5 minutes

Sujets : Prochaine élection · Gouvernement et Assemblée

La date prévue : le 7 octobre 2030

Depuis 2013, la Loi électorale fixe la date des élections générales. Le scrutin a lieu le premier lundi d’octobre de la quatrième année civile qui suit la fin de la législature précédente. La loi fait aussi expirer chaque législature le 29 août de cette quatrième année.[1]

La législature élue en 2022 a pris fin en 2026. La quatrième année qui suit est 2030, et son premier lundi d’octobre tombe le 7. C’est la même règle qui a donné les élections du 1er octobre 2018, du 3 octobre 2022 et du 5 octobre 2026.

Frise : élection anticipée du 7 avril 2014, puis élections à date fixe le 1er octobre 2018, le 3 octobre 2022 et le 5 octobre 2026; prochaine élection prévue le 7 octobre 2030.
Figure 1. Les élections générales depuis l’adoption de la loi sur les élections à date fixe, en juin 2013. Agrandir la figure

La loi prévoit deux ajustements. Si la période électorale devait chevaucher celle d’une élection fédérale ou municipale, le scrutin serait reporté au premier lundi d’avril de l’année suivante, soit en avril 2031. Et en cas de catastrophe ou de situation grave et imprévisible, le directeur général des élections peut repousser le vote d’une semaine.[1]

Une date fixe, pas une date garantie

La loi de 2013 précise qu’elle ne touche pas au pouvoir du lieutenant-gouverneur de dissoudre l’Assemblée avant l’expiration de la législature.[1] En pratique, une élection peut donc être déclenchée plus tôt.

C’est arrivé dès la première législature soumise à la nouvelle règle. Élu minoritaire en septembre 2012 avec 54 députés, le gouvernement de Pauline Marois a déclenché des élections le 5 mars 2014, pour un vote le 7 avril. L’échéance prévue était alors le 3 octobre 2016.[2]

Deux chemins vers une élection anticipée

Le gouvernement perd la confiance de l’Assemblée. Selon le Règlement de l’Assemblée nationale, la confiance ne peut être mise en cause que lors de certains votes : une motion de censure, la motion qui approuve la politique générale du gouvernement après le discours d’ouverture, la motion qui approuve sa politique budgétaire, l’adoption d’un projet de loi de crédits, ou une motion sur laquelle le gouvernement a expressément engagé sa responsabilité. Les oppositions peuvent présenter jusqu’à sept motions de censure par session.[3]

Le premier ministre choisit lui-même le moment. Un gouvernement minoritaire peut demander la dissolution s’il pense pouvoir obtenir une majorité. Jean Charest l’a fait en 2008, sans avoir été défait à l’Assemblée : son gouvernement libéral, minoritaire depuis 2007, est devenu majoritaire le 8 décembre 2008.[4]

Ce que disent les chiffres de 2026

Le 5 octobre 2026, le Parti québécois a remporté 60 sièges, devant le Parti libéral du Québec (39), le Parti conservateur du Québec (19) et Québec solidaire (9). La Coalition avenir Québec n’a fait élire personne. La majorité est de 64 sièges. Paul St-Pierre Plamondon est devenu premier ministre le 21 octobre 2026, à la tête d’un conseil des ministres de 23 personnes.[5]

Barre des 127 sièges : PQ 60, PLQ 39, PCQ 19, QS 9; la majorité de 64 sièges est indiquée.
Figure 2. Répartition des sièges après l’élection du 5 octobre 2026 et le dépouillement judiciaire de Vachon. Agrandir la figure

Un calcul simple montre que le PLQ et le PCQ réunis, avec 58 sièges, n’ont pas assez de voix pour renverser seuls le gouvernement. Il faudrait que les trois partis d’opposition votent ensemble. Nous détaillons ce calcul dans Gouvernement minoritaire : qui peut faire tomber le PQ?

Ce que montre l’histoire

Le Québec a connu trois gouvernements minoritaires avant celui-ci. Aucun n’a duré deux ans :

  • 1878–1879 : les libéraux d’Henri-Gustave Joly de Lotbinière gouvernent avec l’appui de deux conservateurs indépendants; des défections les font tomber en 1879, sans nouvelle élection.[6]
  • 2007–2008 : le gouvernement libéral de Jean Charest, élu le 26 mars 2007, déclenche lui-même une élection, tenue le 8 décembre 2008.[4][7]
  • 2012–2014 : le gouvernement péquiste de Pauline Marois, élu le 4 septembre 2012, déclenche une élection, tenue le 7 avril 2014.[2]

Ces précédents ne disent pas ce qui arrivera d’ici 2030. Ils montrent seulement qu’au Québec, la fin d’un gouvernement minoritaire est venue plus souvent d’une décision du premier ministre que d’un vote perdu à l’Assemblée.

Et pour les électeurs?

Une élection peut être déclenchée avec un préavis de quelques semaines seulement. Pour savoir dans quelle circonscription vous voterez, utilisez la recherche par code postal de 127QC : trouver ma circonscription. Vous y trouverez aussi votre député élu en 2026 et les résultats de votre circonscription.

127QC reprendra le suivi des sondages et la projection des sièges dès qu’une élection, générale ou partielle, se profilera.

Sources

  1. Loi modifiant la Loi électorale afin de prévoir des élections à date fixe, L.Q. 2013, chapitre 13, sanctionnée le 14 juin 2013 : articles 129, 129.1 et 129.2 et 490 de la Loi électorale, et durée de la législature dans la Loi sur l’Assemblée nationale. Consulté le 22 octobre 2026.
  2. Wikipédia, Élections générales québécoises de 2014. Dissolution le 5 mars 2014, scrutin le 7 avril 2014, échéance prévue le 3 octobre 2016. Consulté le 22 octobre 2026.
  3. Assemblée parlementaire de la Francophonie, Recueil des procédures parlementaires : Québec, chapitre 8, d’après le Règlement de l’Assemblée nationale, articles 303.1 et 304. Consulté le 22 octobre 2026.
  4. Wikipédia, Élections générales québécoises de 2008. Dissolution le 5 novembre 2008, scrutin le 8 décembre 2008, sans vote de confiance perdu. Consulté le 22 octobre 2026.
  5. Le Droit (21 octobre 2026), Voici les ministres du gouvernement du Parti québécois. Résultats des 127 circonscriptions : Élections Québec, voir les élus sur 127QC.
  6. Wikipédia, Élections générales québécoises de 1878. Consulté le 22 octobre 2026.
  7. Wikipedia, 2007 Quebec general election (en anglais). Libéraux 48 sièges sur 125; premier gouvernement minoritaire depuis 1878. Consulté le 22 octobre 2026.

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